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postheadericon Le costume marocain

Le costume marocain se présente sous des aspects différents selon les régions et, malgré quelques points communs, le vêtement citadin diffère de celui des campagnes.

costume sahraoui

Au cours des années passées, l’art vestimentaire marocain a subi une évolution parfois à peine perceptible dans les campagnes, mais frappante dans les villes. Jamais tel phénomène ne s’était produit dans l’histoire de ce pays, et surtout dans les laps de temps aussi bref. Phéniciens, Carthaginois, Romains, Juifs d’Orient et d’Espagne ont déferlé sur cette terre sans la marquer de traces indélébiles.

Les tribus, aussi bien que les centres urbains, ont toujours affirmé leur marocanité et refuser de s’intégrer à la société de l’occupant. Rester fidèle au costume national constituait un acte de résistance, car il est dit : « qui tend à ressembler à un peuple en fait partie ». Le Marocain a toujours tenu son identité. Cette mentalité a changé : pour des raisons de commodité, d’économie et même sans raison du tout, la jeunesse marocaine, masculine autant que féminine, désire ressembler à toute la jeunesse du monde occidental. Même nos paysans n’auront bientôt rien de commun avec leurs ancêtres.

Hâtons-nous donc de recueillir le plus possible de documents iconographiques et scripturaires, multiplions les enquêtes dans les milieux ruraux, enrichissons nos musées, avant que ce précieux patrimoine ne s’évanouisse en fumée !

Vêtements et parures traduisent notre personnalité et influent sur notre comportement. Le costume marocain a subi quelques modifications à travers le temps, mais il a gardé dans l’ensemble son allure générale, son schéma de construction. Les récits de voyageurs en font foi.

La laine, principal matériau produit sur place en quantité suffisante, depuis la plus haute antiquité, servait aussi bien à la fabrication du mobilier nomade (tentes, tapis, couvertures) qu’à celle des vêtements. Dans les centres urbains riches et raffinés, soie et coton étaient réservés aux gens fortunés. Encore n’en abusaient-ils guère: le Musulman se garde de désobéir à la parole du prophète qui intérdit aux croyants de porter de la soie de se parer de bijoux d’or, les bijoux en argent sont eux tolérés. La femme musulmane, pour sa part, ne subit aucun interdit dans ce domaine : elle apprécie l’élégance et la parure, à la campagne comme à la ville.

Le vêtement indique souvent son origine : telle région s’habille de telle façon et telle autre d’une façon différente. Il peut aussi traduire un métier (le soldat ne s’habille pas comme un civil, le commerçant comme l’artisan ou l’ouvrier) et refléter le niveau social de celui qui le porte. S’habiller de haillons quand on est riche est indigne et blâmable; vouloir éblouir par par sa mise recherchée quand on est pauvre, relève de la pure vanité. La bonne éducation consiste à éviter les exagérations : la parure et le vêtement sont en effet deux formes sous lesquelles la vanité se manifeste le plus volontier.

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