Archive pour la catégorie ‘Mode’
La ciselure dans la bijouterie marocaine
La technique de la ciselure est pratiquée depuis le Moyen Age. Elle comprend trois genre différents:
- La ciselure au fondu, qui consiste à retoucher les objets sortant d’un moule;
-La ciselure prise sur la pièce, qui une véritable sculpture du métal;
-La ciselure au repoussé, qui a pour effet de mettre en relief un motif quelconque.
Ces trois techniques sont toujours utilisées au Maroc et sont appliquées à de nombreux objets d’orfèvrerie: fibules, bracelets, bagues, poignards…
Le filigrane (assalk) et le cloisonné
Le filigrane est un ouvrage d’orfèvrerie fait de fils et de grains d’argent soudés. C’est une technique très ancienne, qu’un retrouve dans l’art byzantin du bijou. Il existe deux techniques du filigrane:
- le filigrane ajouré, fait uniquement de fils de différents calibres et qui la spécialité de Taliouine, d’Essaouira et de Tiznit;
- le filigrane non ajouré, où le fil, de calibre uniforme, est soudé sur une plaque d’argent découpée en forme de bijou; les espaces vides résultant du décor géométrique et floral sont remplis d’émaux de différentes couleurs: C’est la technique du cloisonné, réputée dans l’Anti-Atlas.
La tradition des bijoux berbères
Au Maroc, comme dans tous les autres pays du monde, les bijoux jouent un rôle important comme une partie essentielle de son patrimoine et son artisanat. Les bijoux berbères notamment sont le témoignage du savoir-faire unique des artisans marocains et la preuve de leur grande créativité.
Les bijoux berbères sont souvent fabriqués en argent. Si la tradition musulmane exige que les hommes ne portent pas de l’or, ce n’est pas le cas pour les femmes, bien que dans la plupart des cas, les familles n’ont pas de richesses pour orner leurs femmes de bijoux en or.
En outre, les bijoux étaient souvent fondus et revendus en période de pénurie, pour être finalement rachetée. Les femmes berbères, orné de lourds bracelets et colliers en forme de grandes chaînes attachées à deux broches, étaient en quelque sorte « le compte bancaire de la famille ».
Ces bijoux et notamment les fibules ou les bracelets, ont aussi été utilisés comme armes défensives, grâce à leur forme pointue et tranchante. Ainsi, face à un danger, une femme pouvait facilement renverser son agresseur avec l’élan de son bras et le poids du bracelet.
Tiznit est la cité marocaine où les bijoutiers ont été spécialisés dans l’argent pendant des siècles. Toutes sortes de créations de bijoux peut être trouvée là-bas, des bijoux modernes de bijoux traditionnels. En effet, les artisans ont réussi à conserver l’aspect traditionnel tout en l’adaptant à la vie moderne.
De nombreuses pièces de bijoux marocains ne sont pas estampillés, mais le manque de signes distinctifs ne signifie pas que l’argent est de mauvaise qualité. Cela signifie simplement que le bijou a été fait par un artisan indépendant qui ne pouvait pas payer trop d’impôts …
Cependant, il arrive souvent que l’argent soit fondu et réutilisé à nouveau, de sorte à contenir du nickel, en raison de l’utilisation de monnaies anciennes. Le métal vient en grande partie des mines autour de Tineghir.
Comme dans l’art islamique, les motifs sont géométriques et abstraites. Les formes sont plus anguleux que dans l’art arabo-andalou, et de rappeler les coins, des points et des cercles du tifinagh, l’écriture de scénarios berbère. Mais aussi toujours des parchemins et entrelacs sont souvent penser à des motifs celtiques.
L’excellence berbères nominale cause est celle de A, ce qui représente un homme aux bras levés et est devenu le symbole de la langue berbère et de la nation, les Amazighs. Un autre modèle très courant, dans les tapis et la céramique, est le triangle, symbole de la tente et la famille.
La plupart des dessins sont faits avec des filigranes placé sur un fond plat, avec des grains d’argent sont associés. D’autres frontières sont sous la forme d’une petite répétition de «V», évoquant le brin de blé.
Les caftans à l’ancienne ont la cote …
La 15ème édition de Caftan a tenu toutes ses promesses en invitant le spectateur à découvrir un monde plein de couleurs. Le Caftan, dans toute sa splendeur et sa beauté, a été la vedette de toute une soirée, le 7 mai dernier. Sur le podium du Palais des Congrès, ce sont des collections très Vogue Zaman qui se sont succédées pour afficher la créativité sans fin des stylistes marocains et le savoir-faire des artisans.Les stylistes ont affiché avec véhémence et ardeur leur désir de revenir aux sources mêmes du caftan marocain, à l’origine de l’inspiration, comme pour mieux embrasser l’avenir. De deux pièces à trois pièces en passant par les gilets, les dfinate, les serouals… les tendances se multiplient pour affirmer la magnificence du caftan d’antan. L’accessoire était à son tour omniprésent sur ce podium du Caftan. Chmarates, majdoules, mdame et autres ceintures sont venus rehausser le glamour du caftan. Du côté des couleurs, il y en a eu pour tous les goûts : du vert, du rouge, du fuschia, du bleu, du violet… Le vert l’a tout de même emporté. Siham El Habti qui en a fait la couleur inspiratrice dans cette nouvelle collection, nous en parle : «Vu que c’est la couleur qui représente le plus les modèles d’antan, j’en ai fait une couleur principale pour ma collection. Le vert représente tout le glamour et la beauté du caftan.»
Les tissus, à l’image des modèles, se sont caractérisés par leur diversité. Brocarts, taffetas et satins ont été mariés harmonieusement à des organzas, des tulles, des mousselines et des dentelles. Le résultat : des pièces uniques superposées et ornées de bijoux ou de broderies, d’incrustations en pierres ou de poches.Caftan a invité sur son podium le meilleur des stylistes marocains. Huit créateurs confirmés et deux jeunes talents ont présenté cette année leurs collections. Siham El Habti, Kacem Sahl pour Dar Oum El Ghait, Siham Tazi, Romeo, Zineb Lyoubi Idrissi, Meriyem Boussikouk, El Batoul Cain Allah, Abdelhanin Raouh, des noms qui ont déjà fait leurs preuves sur la scène de la haute couture marocaine et qui ont lancé à Marrakech les grandes tendances du moment en matière de caftan. Deux jeunes stylistes ont rejoint la liste, Meryem Belkhayat et Loubna Hourani.Caftan, avec son thème Vogue Zaman, a été une véritable ode à tous les artisans marocains qui ont pu préserver le savoir-faire de ce véritable patrimoine culturel et une consécration de l’ingéniosité et du talent de ces jeunes stylistes qui vont pouvoir à leur façon raconter l’histoire fascinante du caftan et l’exporter vers d’autres horizons.
Les fibules – bijoux phares du sud-ouest du Sous
La zone d’influence dez bijoux de Tiznit au sens large s’étend bien au delà du triangle Tiznit-Tafraout-les Akhsass.
Les bijoux les plus caractéristiques et les plus répandus sont sans doute les fibules traingulaires à bord crénelé, peu épaisses, ornées de ciselures, de plaquettes et de coupoles émaillées vert et jaune, que nous désignerons dorénavant sous le nom de fibules de Tiznit, pour simplifier, car elles peuvent être originaires également des centres situés entre Tiznit, Tafraout ou même de Massa. Ces fibules atteignent parfois une grande taille (jusqu’à 30 cm). Lorsqu’elles sont de dimensions moyennes, elles sont souvent reliées par une chaîne importante. Leur nom berbère est tizerzaï.
On trouve aussi en nombre encore appréciable de très curieuses fibules triangulaires, lourdes mais perforées d’innombrables trous, comme une vieille planche vermoulue; ceci les a fait appeler en berbère tizerzaï n taouka, fibules du ver. Ces modèles tous anciens, ont une extension très large au sud de l’Atlas, qui dépasse de loin la zone étudiées ici.
Une autre fibules triangulaire portant latéralement des triangles secondaires se rencontre dans les oasis du sud, notamment à Tarhjicht. Elle est réalisée avec une plaque en argent assez mince, qui est gravée.
En dehors de ces fibules triangulaires tout à fait classique, on peut trouver des fibules de forme ronde qui sont des essais, des inventions anciennes ou récentes et qui ont eu des fortunes diverses.
Pendentif ethnique de l’artisanat berbère
Les bijoux berbères sont connus dans le monde entier par leur beauté et leur originalité. Majoritarement en argent, ces bijoux ethniques ont fait et font toujours le bonheur des femmes berbères, et les artisans bijoutier de Tiznit, Taroudant ou Agadir font toujours preuve d’imagination et d’un grand savoir-faire.
La preuve, ce pendentif rond en argent gravé avec des motifs typiquement berbère. Il est tradictionnel certes, mais il est aussi très contemporain et très chic.
Tisseuses berbères de laine
En pays berbère, ou chaque village possède son troupeau de morceau, la laine est la reine des matières premières tissées, Cette laine claire est tondue au printemps par les hommes. Lavée à l’eau avec de la terre argileuse, tirée mèche par mèche par les femmes, elle est cardée à l’aide d’un outil rudimentaire: deux palettes de bois dont la surface est hérissée de petites dents métalliques. En faisant glisser les palettes l’une contre l’autre, les fibres sont peignées, étirées et démêlées. Un fuseau transforme les mèches de laine en fils. Expertes dans ce maniement, les femmes obtiennent une grande variété de fils plus ou moins fins. Une fois tissée, la laine va conserver son aspect rustique et rugueux ou, au contraire, prendre un aspect soyeux, souple et brillant.
Avant d’être tissée, la laine est teinte. Malgré l’apparition des colorants chimiques, autorisant davantage de nuances, certaines femmes continuent de se procurer des pigments naturels à base de fruits, de feuilles, de fleurs ou d’insectes, qu’elles font sécher et pilent finement. La garance et la cochenille confèrent au fil un beau rouge foncé; le genêt ou l’écorse de grenade, le jaune; la guède ou l’indigo, le bleu ; le henné, l’orange ; le thé et l’écorse de noyer, le brun et le noir. L’alun fixe les couleurs, Les teintures synthétiques s’achètent dans les souks ruraux, tout comme les fils déjà teints, prêts à être tissés. Les vêtements étaient autrefois réalisés en laine naturelle brune ou blanche. Car teindre des fils augmentait le coût de fabrication du vêtement.
Le cuir des babouches
Le tannage et le travail du cuir
A Fès, Marrakech ou Tétouan, le travail du cuir demeure l’une des activités artisanales les plus actives et les plus réputées. Dès le Moyen Äge, le cuir de Fès-le maroquin-rivalisait avec celui de Cordoue. Il fait toujours vivre d’importantes corporations.
Tanneurs, babouchiers, selliers, maroquiniers, relieurs approvisionnent les échoppes du souk en articles de bureau, porte-feuilles, ceintures, sacs à main, livres reliés, selles et harnais d’apparat. L’engouement des étrangers pour les babouches brodées ou les lampes en peau de chèvre aux formes sinueuses et peintes au henné a ravivé l’artisanat du cuir.
Avant de devenir ce cuir souple et imputrescible qui habille poufs, sacs brodés ou babouches, la peau subit mille tourments. Les peaux de mouton, de chèvre ou de vache sont débarrasées de leurs poils et de tout élément organique par trempage dans l’eau, avant de macérer près de trois semaines dans les bains de chaux. Rincées, elles sont ensuite piétinées par des ouvriers dans de l’eau mêlée à de la fiente de pigeon et parfaitement écharnées. Un délicat salage les raffermit sans pour autant ôter leur souplesse. Dans l’étape du tannage, les peaux sont placées dans des cuves appelées »foulons », emplies de tannants obtenus à partir d’écorce de grenadier ou de mimosa, ou encore de substances artificielles tel l’alun de chrome. Nourries d’une solution grasse, séchées, elles sont encore assouplies puis teintes avec des pigments naturels ou des colorants chimiques, et étendues à plat sur les terrasses des médinas.
La djellaba marocaine
La jellaba vient de l’arabe jelbab. C’est un vêtement cousu, un fourreau plus ou moins ample, pourvu d’un capuchon et muni de marches, parfois courtes et larges, parfois étroites et longues, selon les régions et la mode du moment.
Dans les compagnes, la jellaba est faite du tissu épais, parfois rude, de couleur unie ou rayée.
Elle joue le rôle de manteau à l’usage de tous ceux qui ont à affronter les rigueurs du froid. Depuis une trentaine d’années, les femmes citadines l’ont adoptée comme vêtement de sortie; les tissus choisis pour sa confection sont fins et presque toujours d’importation.
La lutte est désormais engagée entre ce vêtement et la tenue occidentale. Dans les compagneset les villes, les hommes sérieux restent fidèles à la jellaba et même au burnous, surtout lorsqu’il s’agit d’assiter à des cérémonies officielles ou religieuses.
La poterie berbère

La jeune femme berbère emploie les procédés ancestraux que le milieu familial lui a transmis.
Elle est appelée à utiliser, au cours de son travail quotidien, l’objet qu’elle a façonné; c’est pourquoi elle cherche à le rendre facile à manier, commode dans son emploi et néglige ce qui pourrait, dans sa gratuité, flatter le goût d’un client éventuel. Les vases, les amphores, es cruches, les plats et les assiettes sont façonnés de manière à tenir le meilleur compte de la capacité et des modes de préhension, de transfert, de station, de vidage, etc. L’ornementation, si elle n’est pas négligeable, passe en second plan.
La femme berbère n’utilise d’ailleurs que des couleurs sobres et des élément linéaires simples. Aussi est-ce de la forme de l’objet que vient la séduction qu’il opère incontestablement sur nous.
Ce qui nous charme se dégage d’une certaine pureté dans la facture, sans que s’y mêle le moindre élément intellectuel. Cette beauté prend sa source dans la conjonction harmonieuse de la matière et du but auquel elle est assujettie. Le galbe apparaît toujours parfait, agréable à voir, satisfaisant pour les yeux qui le contemplent comme pour les mains qui l’utilisent.
Le seul regret que nous inspirent ces ustensiles est leur extrême fragilité.










