Newsletter

Archive pour la catégorie ‘Objets divers’

postheadericon Tisseuses berbères de laine

En pays berbère, ou chaque village possède son troupeau de morceau, la laine est la reine des matières premières tissées, Cette laine claire est tondue au printemps par les hommes. Lavée à l’eau avec de la terre argileuse, tirée mèche par mèche par les femmes, elle est cardée à l’aide d’un outil rudimentaire: deux palettes de bois dont la surface est hérissée de petites dents métalliques. En faisant glisser les palettes l’une contre l’autre, les fibres sont peignées, étirées et démêlées. Un fuseau transforme les mèches de laine en fils. Expertes dans ce maniement, les femmes obtiennent une grande variété de fils plus ou moins fins. Une fois tissée, la laine va conserver son aspect rustique et rugueux ou, au contraire, prendre un aspect soyeux, souple et brillant.

Avant d’être tissée, la laine est teinte. Malgré l’apparition des colorants chimiques, autorisant davantage de nuances, certaines femmes continuent de se procurer des pigments naturels à base de fruits, de feuilles, de fleurs ou d’insectes, qu’elles font sécher et pilent finement. La garance et la cochenille confèrent au fil un beau rouge foncé; le genêt ou l’écorse de grenade, le jaune; la guède ou l’indigo, le bleu ; le henné, l’orange ; le thé et l’écorse de noyer, le brun et le noir. L’alun fixe les couleurs, Les teintures synthétiques s’achètent dans les souks ruraux, tout comme les fils déjà teints, prêts à être tissés. Les vêtements étaient autrefois réalisés en laine naturelle brune ou blanche. Car teindre des fils augmentait le coût de fabrication du vêtement.