Archive pour la catégorie ‘Art de table’
Tisseuses berbères de laine
En pays berbère, ou chaque village possède son troupeau de morceau, la laine est la reine des matières premières tissées, Cette laine claire est tondue au printemps par les hommes. Lavée à l’eau avec de la terre argileuse, tirée mèche par mèche par les femmes, elle est cardée à l’aide d’un outil rudimentaire: deux palettes de bois dont la surface est hérissée de petites dents métalliques. En faisant glisser les palettes l’une contre l’autre, les fibres sont peignées, étirées et démêlées. Un fuseau transforme les mèches de laine en fils. Expertes dans ce maniement, les femmes obtiennent une grande variété de fils plus ou moins fins. Une fois tissée, la laine va conserver son aspect rustique et rugueux ou, au contraire, prendre un aspect soyeux, souple et brillant.
Avant d’être tissée, la laine est teinte. Malgré l’apparition des colorants chimiques, autorisant davantage de nuances, certaines femmes continuent de se procurer des pigments naturels à base de fruits, de feuilles, de fleurs ou d’insectes, qu’elles font sécher et pilent finement. La garance et la cochenille confèrent au fil un beau rouge foncé; le genêt ou l’écorse de grenade, le jaune; la guède ou l’indigo, le bleu ; le henné, l’orange ; le thé et l’écorse de noyer, le brun et le noir. L’alun fixe les couleurs, Les teintures synthétiques s’achètent dans les souks ruraux, tout comme les fils déjà teints, prêts à être tissés. Les vêtements étaient autrefois réalisés en laine naturelle brune ou blanche. Car teindre des fils augmentait le coût de fabrication du vêtement.
L’art de table marocain : Tajine, Gsâa, Tbiga
Dans toutes les cuisines marocaines s’empilent des tajines de différentes tailles. Ces plats ronds, faits de terre cuite épaisse, aux bords relevés, sont coiffés de l’indispensable chapeau conique.
Les tajines ont donné leur nom au ragoût préparé dans ce récipient, longuement mijoté à l’étouffée.
Les parois du plas répartissent la chaleur et le couvercle maintient les aliments au chaud. Car le vrai secret d’un bon tajine, c’est la lenteur de sa cuisson… Dans les maisons bourgeoises, lors de son transfert de la cuisine à la table, le tajine s’emboîte dans un plat creux en cuivre assez profond, surmonté d’un élégant chapeau également cuivré.
En terre cuite ou en bois, rond, large et peu profond, le gsâa est le récipient de base dans lequel on pétrit la pâte à pain, on confectionne des gâteau ou on roule la graine de couscous.
La tbiga protège les gâteaux et le pain de la poussière, Cette grande corbeille rigide et ronde, tressée d’alfa ou de doum, est coiffée d’un chapeau pointu garni de cuir coloré ou non.
Des tajines pas comme les autres !
Le tajine, ou tagine, designe à la fois une préparation culinaire ancéstrale d’origine marocaine, et berbère plus exactement. Mais un tajine désigne aussi un ustensile composé d’un plat creux en terre cuite et d’un couvercle conique. C’est un élément essentiel de l’art de la table marocaine.
Depuis plusieurs décennies, les artisans marocains ont fait du tajine un object d’art à part entière. Finis le tajine de base avec son couvercle conique. On voit maintenant des tajines de toutes les formes et de toutes les couleurs. C’est d’ailleurs la raison qui a fait que de plus en plus de gens utilisent les tajines comme un objet de décoration.

Attention ! les tajines déménagent ! ils quittent les cuisines pour les salons


